Après analyse statistique des plus de 27,6 millions de contrôles réalisés en 2025, la tendance au vieillissement du parc
automobile se poursuit avec un âge moyen des véhicules contrôlés qui atteint 13,3 ans.
En parallèle,
le taux de contre-visites baisse en passant de 19,44 % en 2024 à 19,30 % en 2025.
Les deux tendances contradictoires s'expliquent notamment par l'augmentation des ventes de véhicules d'
occasion récents systématiquement révisés par les professionnels.
À l'inverse, les véhicules utilitaires se heurtent à un taux de contre-visite de 22,39 %, soit près de 3 points de plus que pour les véhicules particuliers.
La hausse des ventes des véhicules d'occasionEn 2025, l'activité a été soutenue dans les centres de
contrôle technique. En effet, l'OTC recense 27 611 997 contrôles techniques effectués dans l'année dans les 6 784 centres du territoire français. Une hausse du volume significative de 4,04 % par rapport à 2024. Une hausse qui s'explique par le vieillissement du parc et par la mutation du marché de la vente des véhicules.
En effet, le marché des véhicules neufs a reculé de 5,6 % tandis que le marché de l'occasion a augmenté de 0,72 % par rapport à 2024 (Source : L»Argus). Devant le
prix des véhicules neufs, les particuliers préfèrent conserver leur véhicule plus longtemps ou bien se tourner vers les véhicules d'occasion. Le public auparavant adepte du véhicule neuf lui préfère désormais le
véhicule d'occasion récent, le plus souvent vendu par des professionnels. Le volume total des ventes de particulier à particulier représente 55,4 % du marché des véhicules d'occasion (contre 40,8 % des véhicules vendus par les pro (Source : VPN
Autos Pro)), il porte essentiellement sur des transactions de véhicules anciens et à faible valeur qui échappent aux réseaux professionnels. Le marché de l'occasion récent reste l'apanage des professionnels.
Gage de qualité, le professionnel de l'occasion révise systématiquement les véhicules qu'il propose à la vente et contribue à faire baisser le taux global de contre-visites lors du contrôle technique obligatoire de cession.
Le trio gagnant des défaillances : pneus, phares et pollutionLes principales défaillances relevées sur les véhicules contrôlés en 2025 sont dans la lignée de celles pointées lors du précédent bilan :
1. La liaison au sol (essieux, roues, pneus, suspension) : première cause avec 10,49 % des contrôles non-conformes.
2.La visibilité et l'éclairage (feux,
équipements électriques) : deuxième cause (8,93 %), avec en tête le mauvais réglage des feux de croisement.
3. Les nuisances (pollution, fuites) : troisième motif de contre-visite, touchant 6,50 % des véhicules.
Les pneumatiques, éléments de sécurité essentiels des véhicules, restent en tête de liste. Entre bandes de roulement lisses et usures anormales, l'état des pneumatiques du parc automobile français est inquiétant. De plus, cela risque de s'aggraver avec l'essor des
véhicules électriques. En effet, sur les véhicules électriques, la durée de vie des pneumatiques est moindre et doit donc être suivie de manière beaucoup plus régulière que sur les véhicules thermiques. En moyenne, le premier remplacement de pneus d'un
véhicule électrique intervient au bout de 28 944 km, contre 39 000 km pour un véhicule thermique (Source : étude de l'entreprise Epyx).
Second point d'alerte : le réglage des feux. Les centres de contrôle techniques constatent régulièrement des feux mal réglés, même après un passage du véhicule dans un garage.
Le constat de l'état des véhicules utilitairesLe taux de prescription des contre-visites est plus élevé pour les véhicules utilitaires : 22,39 % de contre-visite contre 18,92 % pour les véhicules particuliers. Ce sont généralement des véhicules qui parcourent davantage de kilomètres et qui roulent en charge du fait de leur usage professionnel. L'usure de ces véhicules est donc plus rapide et moins suivie car ils sont souvent multi-utilisateurs. Comme le montre le bilan de l'OTC, la différence d'usure se fait sentir dès le premier contrôle technique, 4 ans après la mise en circulation avec un niveau de défaillances qui passe du simple au triple par rapport aux véhicules particuliers (4,8 % de véhicules particuliers de 4 ans ou moins recalés contre 12,49 % pour les véhicules utilitaires légers du même âge).
Ce rapport passe ensuite du simple au double et ne s'équilibre qu'une fois l'âge des véhicules supérieurs à 10 ans, soit l'âge auquel les véhicules utilitaires légers sont majoritairement détenus par des particuliers (Artisans, TPE).
Résultat du contrôle technique en fonction de l'âge des véhiculesVéhicules de 4 ans et moins- Véhicules particuliers
Défaillance majeure : 4,63 %
Défaillance critique : 0,17 %
- Véhicules utilitaires
Défaillance majeure : 11,93 %
Défaillance critique : 0,56 %
Véhicules de 4 à 7 ans- Véhicules particuliers
Défaillance majeure : 7,52 %
Défaillance critique : 0,26 %
- Véhicules utilitaires
Défaillance majeure : 15,09 %
Défaillance critique : 0,68 %
Véhicules de 7 à 10 ans- Véhicules particuliers
Défaillance majeure : 11,45 %
Défaillance critique : 0,35 %
- Véhicules utilitaires
Défaillance majeure : 17,18 %
Défaillance critique : 0,64 %
Véhicules de plus de 10 ans- Véhicules particuliers
Défaillance majeure : 24,09 %
Défaillance critique : 0,93 %
- Véhicules utilitaires
Défaillance majeure : 25,16 %
Défaillance critique : 1,23 %
Sources : Bilan du contrôle technique 2025 de l'OTC,
Auto Sécurité et Sécuritest
Photo homme-personne-individu-voiture-10490600 de Fatih Erden sur Pexels