Deux fois plus de risques d'accidents liés à la somnolence au volant en cas de sommeil irrégulier ou de dette de sommeil les jours de repos
La Fondation Vinci Autoroutes publie le troisième volet d'une étude réalisée dans le cadre de son programme de recherche scientifique dédié à la prévention de la
somnolence au volant. Réalisée sous le pilotage du Professeur Pierre Philip, chef du service universitaire de médecine du sommeil du CHU de Bordeaux, cette étude, qui s'appuie sur une enquête menée auprès de 19 860
conducteurs actifs, a permis d'identifier deux nouveaux facteurs prédictifs d'accidents liés à la somnolence au volant relatif à l'hygiène de sommeil des conducteurs.
Le risque d'accidents liés à la
somnolence au volant est multiplié par deux en cas de jetlag social (différence de temps de sommeil supérieure ou égale à 2 heures entre les jours de travail et les jours de repos) et de nuits inférieures à 7 heures les jours de repos.
La somnolence est responsable d'un accident mortel sur 5 sur autoroute (Source : ASFA - les chiffres clés année 2025).
L'étude, conduite par la Fondation Vinci Autoroutes, s'est intéressée aux facteurs prédictifs d'accidents liés à la somnolence en examinant à la fois les paramètres physiologiques et comportementaux. Parmi ceux-ci, deux signaux relatifs à l'hygiène de sommeil ressortent particulièrement et multiplient par deux le risque d'accident : l'irrégularité du sommeil (jetlag social) entre les jours de travail et les jours de repos et une quantité de sommeil insuffisante les jours de repos.
En effet, parmi les conducteurs ayant eu un accident lié à la somnolence, 31,5 % présentaient une différence de temps de sommeil d'au moins 2 heures entre les jours de travail et les jours de repos. Par ailleurs, 31,5 % dormaient moins de 7 heures les jours de repos, soit un temps de sommeil trop court pour être réparateur.
Ces résultats montrent l'importance d'une bonne hygiène de sommeil pour prévenir le risque d'accident lié à la somnolence.
Plus largement, ils permettent de rappeler l'impact du manque de sommeil sur la santé, comme souligné dans le « Plan sommeil » du gouvernement dans le cadre de la feuille de route interministérielle 2025-2026 pour la
promotion d'un sommeil de qualité et la prévention de ses troubles.
Professeur Pierre Philip, Chef du service universitaire de médecine du sommeil du CHU de Bordeaux : explique : « Une bonne hygiène de sommeil contribue à réduire le risque d'accidents liés à la somnolence. Le repère 7 fois 7 égal 49 rappelle l'objectif de dormir 7 heures par nuit, 7 jours sur 7, soit au moins 49 heures par semaine, pour préserver la vigilance et diminuer ce risque »
L'échelle BOSS : un outil d'autoévaluation validé scientifiquementLes chercheurs ont intégré l'échelle BOSS (Bordeaux Sleepiness Scale) dans le questionnaire soumis aux personnes ayant participé à l'enquête. Conçu à partir de données sociodémographiques, de somnolence, de conduite et d'exposition (kilométrage annuel), cette échelle sous forme de quatre questions permet de prédire le risque accidentel lié à la somnolence. Lorsque l'addition des scores obtenus à chaque question est supérieure ou égale à 3, le conducteur est considéré comme présentant un risque potentiel d'avoir un "presque-accident" ou un accident lié à la somnolence au volant.
Les résultats ont fait apparaître que les conducteurs ayant un score à l'échelle BOSS supérieur ou égal à 3, ont trois fois plus de risque d'accident lié à la somnolence que ceux qui ont un score inférieur. Cette échelle apparaît ainsi comme un outil de prévention et d'autoévaluation essentiel.
L'étude avait également fait apparaître d'autres facteurs prédictifs d'accidents, comme la survenue, dans l'année passée, d'un épisode de somnolence sévère (c'est-à-dire qui a rendu la conduite difficile ou qui a forcé le conducteur à s'arrêter) ou d'un accident évité de justesse (« presqu'accident ») lié à la somnolence.
Source : Troisième volet de l'étude réalisée dans le cadre du programme de recherche scientifique dédié à la prévention de la somnolence au volant de la Fondation Vinci Autoroutes.
Photo un-homme-stresse-se-repose-sur-le-volant-de-sa-voiture-36812487 de Vitaly Gariev sur Pexels