Symbole de malchance dans l'imaginaire collectif, le
vendredi 13 suscite méfiance et appréhension. Pour dépasser les croyances et s'appuyer sur des faits concrets, le Touring Club Suisse (TCS) a analysé les données d'accidents de la circulation enregistrées en Suisse au cours des cinq dernières années. Cette enquête permet de déterminer si la date redoutée du vendredi 13 se distingue réellement des autres jours de la semaine en matière d'accidentologie.
En Occident, le nombre 13 est chargé de connotations négatives et alimente diverses superstitions. Le vendredi 13, en particulier, est souvent perçu comme un jour à éviter pour prendre des décisions importantes,
voyager ou entreprendre de nouveaux projets.
Les statistiques
routières confirment-elles cette réputation ? En comparant l'accidentologie des vendredis 13 à celle des autres vendredis et des différents jours de la semaine, le Touring Club Suisse (TCS) a cherché à déterminer si cette date présente un risque accru sur les routes suisses.
Vendredi 13 : un jour vraiment à part ?Entre 2020 et 2024, huit vendredis 13 ont été recensés en Suisse, totalisant 1 285 accidents de la route. Cela correspond à une moyenne de 160,62 accidents par vendredi 13, contre une moyenne de 142,60 accidents par jour, tous jours confondus, sur la même période. Le nombre d'accidents enregistrés un vendredi 13 est statistiquement supérieur de 12,64 % à la moyenne quotidienne. Cela signifie-t-il pour autant que le vendredi 13 porte réellement malheur et que davantage d'accidents se produisent systématiquement à cette date ?
Le vendredi, jour le plus accidentogène de la semaineL'analyse globale des données d'accidents sur la période 2020–2024 met en évidence un constat plus général : indépendamment de la date, le vendredi est le jour de la semaine où le nombre d'accidents est le plus élevé. Selon les données de la brochure des statistiques accidents éditée par l'Office fédéral des routes Suisse (OFROU), 8 606 accidents surviennent en moyenne chaque année un vendredi, contre 7 443 accidents par jour en moyenne, tous jours confondus, sur la même période. Cela correspond à 164,88 accidents journaliers le vendredi, soit 15,62 % de plus que la moyenne quotidienne de 142,60 accidents. À noter que la moyenne d'accidents enregistrés lors des vendredis 13 reste inférieure à celle de l'ensemble des vendredis. Autrement dit, si le vendredi 13 apparaît plus accidentogène que la moyenne quotidienne, il s'inscrit avant tout dans une tendance générale propre aux vendredis et ne permet pas de conclure à un effet spécifique lié à la date du 13.
Pourquoi les risques d'accidents de la route augmentent en fin de semaineSi le vendredi est le jour le plus accidentogène de la semaine, plusieurs facteurs concrets permettent d'en expliquer les raisons. En fin de journée, les conditions de circulation deviennent plus complexes lorsque les trajets pendulaires se combinent aux déplacements liés aux loisirs et aux départs en week-end, entraînant une densité de trafic plus élevée et davantage d'interactions entre usagers de la route. À cela s'ajoutent la fatigue accumulée au fil de la semaine ainsi que des comportements parfois plus pressés ou moins attentifs. Par ailleurs, la fin de semaine est souvent associée à une
consommation plus fréquente d'alcool ou de substances susceptibles d'altérer les capacités de conduite, ce qui augmente le risque d'accident, notamment en soirée.
Source: Touring Club Suisse (TCS)
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