La non-assurance
automobile progresse en France, touchant particulièrement les jeunes
conducteurs. Une analyse marché menée par L'olivier
Assurance met en lumière un accès à l'assurance souvent bloqué ou très coûteux pour cette population. Résultat : pour des jeunes qui accèdent au permis de plus en plus tôt, s'assurer est devenu un parcours du combattant. Un phénomène de société qui pose un enjeu collectif de sécurité et de protection.
En France,
alors que l'assurance automobile est obligatoire, la non-assurance progresse. Difficile à mesurer, elle concernerait près de 700 000 véhicules, posant un enjeu majeur de sécurité routière et de protection des victimes. Les jeunes conducteurs de moins de 20 ans sont particulièrement touchés : confrontés à des tarifs élevés et à un accès restreint aux contrats d'assurance, beaucoup peinent à s'assurer, alors même qu'ils sont plus exposés au risque d'accident de la route en raison de leur moindre expérience de la conduite. Une situation qui alimente un cercle préoccupant aux conséquences potentiellement lourdes pour l'ensemble de la société.
Jeunes conducteurs : une offre rare, chère et souvent inaccessibleAfin de mieux cerner les difficultés rencontrées par les jeunes conducteurs, une analyse comparative des offres d'assurance automobile leur étant destinées a été menée.
Les données ont été compilées entre décembre 2025 et janvier 2026, à partir de recherches effectuées sur les principaux comparateurs d'assurance en ligne ainsi que sur les sites des grandes compagnies d'assurance couvrant le risque automobile en France.
1. Un barrage quasi systématique à l'entrée chez les acteurs historiques du marchéL'expérience utilisateur est révélatrice. Lors des demandes de devis auprès d'assureurs leaders du secteur, les jeunes conducteurs se heurtent très fréquemment à des messages de refus ou de blocage, tels que : « Votre profil nécessite une attention particulière de l'un de nos conseillers » ou « Malheureusement, nous ne pouvons pas vous proposer de tarif en ligne ». Dans les faits, l'absence d'un ou deux ans d'historique de permis ferme l'accès à de nombreux contrats d'
assurance auto. La seule véritable porte d'entrée reste souvent le parrainage familial, lorsque les parents sont déjà assurés auprès de l'assureur sollicité.
2. Une offre très limitée sur les comparateursLa frilosité des assureurs vis-à-vis des jeunes conducteurs se confirme sur les plateformes de comparaison. Là où un conducteur expérimenté bénéficie d'un large éventail de choix, en moyenne 20 offres pour les 21-24 ans et jusqu'à 30 offres pour les 26-30 ans, un jeune conducteur n'obtient qu'une douzaine de propositions, souvent émises par un nombre restreint d'acteurs. Les assureurs proposent généralement plusieurs offres sur les comparateurs d'assurance
auto, généralement une offre au tiers, tiers vol et incendie, tous risques, voire parfois une offre avec des
options comme l'assistance. Le nombre d'assureurs distincts positionnés sur ces profils est en moyenne sensiblement inférieur.
Le constat est encore plus frappant pour les moins de 20 ans pour qui seules 6 offres sont proposées par les assureurs. La situation est encore pire pour les jeunes conducteurs de 17 ans qui peuvent accéder à la conduite depuis 2024 : une seule offre est proposée, révélant un quasi-désert assurantiel pour cette tranche d'âge.
3. Des écarts tarifaires conséquentsÀ véhicule identique et garanties équivalentes, les écarts de
prix sont significatifs. Les offres les plus compétitives oscillent entre
500 euros et 537 euros par an chez les assureurs directs, tandis que, chez certains assureurs traditionnels, le premier niveau de prix débute à 792 euros, soit un surcoût minimal proche de 60 %.
Briser le cercle de la non-assurance des jeunes conducteursLa progression de la non-assurance automobile ne peut être analysée uniquement comme un comportement individuel. Elle est aussi le résultat d'un accès à l'assurance de plus en plus sélectif, qui laisse durablement de côté une partie des conducteurs les plus jeunes. Limiter l'assurabilité de cette population, alors même qu'elle est plus exposée au risque routier, pose une question de fond : celle de la protection collective.
« En cas de sinistre grave sans assurance, les conséquences pour le conducteur fautif sont dramatiques. Celui-ci est en effet susceptible de payer toute sa vie pour les dommages causés. Laisser une personne rouler sans assurance, c'est laisser cette personne prendre le risque d'une vie de dette. Nous sommes face à un enjeu de société qui doit être réglé. Dans ce contexte, l'ouverture des conditions de souscription apparaît comme un levier central pour enrayer durablement la non-assurance. » explique Julien Bouverot, Directeur Général de L'olivier Assurance.
Réduire le nombre de véhicules non assurés, c'est renforcer la sécurité
routière, mieux protéger les victimes et contribuer à un modèle d'assurance plus inclusif.
Source : L'olivier Assurance
Photo personne-individu-femme-etre-assis-14716250 de Atlantic Ambience sur Pexels