Les tensions autour du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, ont fait passer le baril de Brent de 70,78 $ à 83,25 $ en une semaine.
Alors que certains scénarios évoquent un baril à trois chiffres, potentiellement entre 120 et 130$, le litre d'essence à la pompe pourrait rapidement atteindre
le palier symbolique des 2 euros le litre.
Pour François Gatineau, président de Mobileese (cabinet de conseil et bureau d'étude en mobilité électrique), cette séquence révèle une fragilité structurelle du pouvoir d'
achat français.
« Le pétrole importé agit comme une taxe géopolitique. Tant que le parc automobile reste majoritairement thermique, le pouvoir d'achat des ménages est impacté par des décisions prises à des milliers de kilomètres de chez eux. Chaque hausse durable du baril dégrade la balance commerciale, pèse sur l'inflation et contraint l'État à intervenir via des dispositifs coûteux pour les finances publiques. »- Un impact immédiat pour les ménages ruraux33 % des Français vivent en zone rurale. Pour eux, la hausse du baril se traduit mécaniquement par une augmentation des dépenses contraintes.
Pour un ménage rural parcourant
500 km par semaine :
Un véhicule thermique consommant en moyenne 6 litres aux 100 kilomètres coûte 240 euros d'essence par mois
Un
véhicule électrique, consommant 15 kWh aux 100 kilomètres coûterait 48 euros de recharge par mois en heure creuse (à 0,16 cts d'euro) à domicile. Soit un écart mensuel de près de 200 euros (soit 2 400 euros d'écart par an).
Détails du chiffrage:
Pour un véhicule à essence consommant 6 litres aux 100 km : 12 euros pour 100 km avec un litre à 2 euros
Pour un véhicule électrique consommant 2,40 euros pour 100 km : 15 kWh × 0,16 euros en heures creuses
« À 120 dollars le baril, un ménage rural perd l'équivalent d'un treizième mois simplement en roulant thermique. Chaque crise pétrolière devient une taxe invisible sur les Français. »- Un cycle qui se répèteSelon François Gatineau, ces épisodes de flambée du
prix des carburants à la pompe ne sont plus exceptionnels.
«
Flambées des prix, tensions d'approvisionnement, files d'attente aux stations-service : ce scénario se répète. Chaque choc pétrolier ou crise internationale se transforme en crise nationale. »Au-delà du
coût financier, il existe un coût invisible liés aux véhicules thermiques : temps perdu dans les files d'attente aux pompes, désorganisation des déplacements professionnels, incertitude pour les entreprises dépendantes de la mobilité.
Ce temps consacré à sécuriser l'accès à l'énergie a un impact économique réel. Il pèse sur la productivité et alimente un climat d'inquiétude.
- Sortir d'un cercle inflationnisteSelon François Gatineau, la réponse dépasse la question automobile.
« Tant que notre mobilité repose sur une énergie importée et volatile, chaque crise extérieure ou intérieure fragilise le pouvoir d'achat des ménages. Or sans confiance, il n'y a ni consommation durable, ni dynamique économique solide. »Encourager l'électrification du parc automobile français est synonyme de passer d'un cercle inflationniste subi à un cercle économique plus vertueux.
« L'électrification du parc automobile n'est plus seulement un sujet environnemental. C'est une question directe de pouvoir d'achat, de sécurité économique et de souveraineté énergétique. »Au vue de la ruée des automobilistes français ces derniers jours vers les stations-service, la dépendance au pétrole importé montre clairement ses limites. À l'inverse, l'électricité produite majoritairement sur le territoire national limite l'exposition aux chocs géopolitiques ou aux crises nationales et rassure les ménages sur la continuité de leur mobilité.
Source: Mobileese
Photo femme-de-culture-prenant-un-pistolet-de-ravitaillement-4173096 de Gustavo Fring sur Pexels