Face à une question pratique, les
intelligences artificielles génératives (IA) sont devenues le premier réflexe de nombreux Français, et les assurés qui s'interrogent sur leurs contrats d»assurance ne font pas exception.
La néo-assurance Leocare a étudié la véracité des réponses fournies par les intelligences artificielles génératives (IA) les plus populaires. Le constat est alarmant : en 2026, seulement 20,6 % des réponses sont complètes et exactes laissant dans la majorité des cas, l»assuré avec une information fausse, incomplète ou trompeuse.
Des réponses approximatives mais des risques bien concretsPour mesurer la fiabilité des intelligences artificielles génératives (IA), Leocare a soumis les
500 questions les plus fréquemment posées par les Français aux quatres plateformes les plus populaires : Claude (Anthropic), Gemini (Google), ChatGPT (OpenAI) et Le Chat (Mistral).
Le verdict est sans appel : 135 questions sur 500 (27 %) piègent au moins une intelligence artificielle générative (IA), avec une réponse fausse ou trompeuse, et 34 mettent simultanément en défaut les trois intelligences artificielles génératives (IA) les plus performantes.
Pour les assurés, les conséquences sont concrètes : croire qu'un sinistre n'est pas couvert et renoncer à le déclarer à sa compagnie d»assurance ou, à l'inverse, se croire protégé dans une situation qui constitue en réalité une exclusion.
L'
assurance moto concentre le pire taux d'erreur global : 32 % pour Mistral, 17 % pour Gemini, 15 % pour ChatGPT.
L'habitation suit avec 15 à 24 % selon l'IA, en raison de la complexité des exclusions (trampoline, drone, feux d'artifice, panneaux solaires).
Sur les 2 000 réponses obtenues, les IA se révèlent très performantes sur les questions simples et stables : L'
assurance auto est-elle obligatoire ? Quelle est la différence entre tiers et tous risques ? Le
constat amiable est-il obligatoire ? Là où elles échouent, c'est sur les nuances, l'
actualité réglementaire et les exceptions soit précisément les questions pour lesquelles les assurés attendent des réponses adaptées à leur situation.
D'après l'étude menée par Leocare en 2026, on peut distinguer trois types d'erreurs dans les réponses des intelligences artificielles génératives (IA) :
- Erreur #1 : les nuances juridiques« L'assurance est-elle transférable en cas de vente ? » : la majorité IA répondent non à la question, omettant que le contrat peut être reporté sur un nouveau véhicule avec l'
accord de l'assureur (art. L121-11 du Code des assurances).
« L'assurance couvre-t-elle un accident si mon enfant mineur conduit ? » : Gemini et Mistral répondent catégoriquement par la négative, alors que la responsabilité civile des parents (art. 1242 al. 4 du Code civil) indemnise les tiers, même en cas de conduite sans permis (Cass. crim., loi Badinter d'ordre public).
Le même schéma se reproduit sur la question du prêt de véhicule, de l'alcool au volant, de la conduite sous stupéfiants ou du passager non casqué en moto. À chaque fois, les IA affirment que « la garantie est annulée » sans distinguer deux réalités juridiques distinctes : la responsabilité civile (RC) obligatoire continue de couvrir les victimes tierces quelles que soient les circonstances, l'assureur pouvant ensuite se retourner contre le conducteur fautif ; mais les garanties facultatives (tous risques, dommages au véhicule, protection du conducteur) peuvent, elles, être légitimement exclues par l'assureur.
- Erreur #2 : l'actualité réglementaireLes IA ne sont pas toujours à jour. À la question « La carte verte est-elle encore obligatoire ? », ChatGPT indique qu'elle a été supprimée « depuis 2022 » hors la date exacte est le 1er avril 2024. Mistral affirme au contraire qu'elle est toujours obligatoire et qu'il faut la présenter en cas de contrôle. Les deux ont tort, pour des raisons opposées.
- Erreur #3 : les exclusions et conditionsÀ la question « Qu'est-ce que la garantie valeur à neuf ? », les trois IA omettent de préciser qu'elle est limitée dans le temps : dans la grande majorité des contrats, elle court entre 6 mois et 2 ans à compter de la mise en circulation du véhicule, certains assureurs proposant une extension optionnelle jusqu'à 5 ans. Les trois sont évaluées « trompeuses » sur cette question : l'assuré repart avec l'impression que son véhicule sera remboursé au
prix d'
achat en toute circonstance.
À la question « La garantie équipement du motard est-elle importante ? », les trois IA répondent « oui, elle couvre le casque, les gants et le blouson ». Ce qui manque, c'est l'information clé : cette garantie n'est pas incluse dans les formules dommages standard. Un motard qui souscrit une assurance tous risques sans vérifier ce point peut découvrir après un accident que ses 2 000 euros d'équipement ne sont pas couverts.
Sur la clause de conduite exclusive, aucune IA ne mentionne correctement les conséquences : il s'agit soit d'une déchéance de garantie, soit d»une franchise supplémentaire (et non d'une nullité du contrat) si un conducteur non désigné est au volant au moment du sinistre. Gemini et Mistral parlent d'« interdiction de prêter le volant », une formulation juridiquement inexacte : la clause ne rend pas le prêt illégal, elle prive simplement l'assuré de son droit à indemnisation en cas d'accident.
Des tics de langage qui trahissent les approximationsPour aller plus loin, l'étude a pris en compte 7 indicateurs linguistiques sur l'ensemble des 2 000 réponses. Résultat : chaque IA possède un profil sémantique qui explique directement ses
performances et ses failles.
- Claude : trop court pour être fiable. Avec 12 mots en moyenne et 78 % de réponses binaires, Claude répond de façon catégorique, sans nuance ni avertissement. Sur ses réponses erronées, la majorité commence par « Non » alors que la réponse avance le contraire. Sans nuance, les réponses de Claude offrent le risque d»erreur maximal.
- ChatGPT : rassurant en apparence, creux en pratique. ChatGPT multiplie les précautions de langage : le verbe « peut » apparaît ainsi 257 fois sur 500 questions, et la formule « selon les conditions prévues dans le contrat » dans 31 % des cas. Ce filet linguistique permet d»éviter les erreurs franches, mais produit des réponses sans substance (aucun chiffre précis, ni montant d'amende par exemple).
- Mistral : un tic trompeur répété
147 fois. La formule « sauf si une garantie spécifique est souscrite » apparaît dans près de 30 % de ses réponses. Un biais linguistique trompeur quand la garantie est obligatoire : dire que « si la garantie catastrophes naturelles est souscrite » laisse entendre qu'elle serait optionnelle, or est incluse de droit dans tout contrat MRH depuis 1982.
- Gemini : un profil proche de l'expert. Seul modèle à combiner affirmations claires, termes juridiques et données chiffrées, Gemini est aussi le seul à formuler régulièrement des avertissements pratiques tels que « vérifiez votre contrat ; attention à la clause d'inhabitation » signalant ainsi ses propres limites à l'assuré.
L'intelligence artificielle générative (IA) plus un point d'entrée qu'un conseillerAu-delà des chiffres, l'étude révèle une limite structurelle : les IA traitent l'assurance comme un sujet de connaissance générale, alors que c'est un domaine où chaque situation est un cas particulier. L'IA peut être utile pour se familiariser avec des notions de base mais dès qu'il s'agit d'évaluer sa couverture face à une situation concrète, de comprendre une exclusion ou de prendre une décision, le recours à un professionnel de l»assurance demeure une nécessité. Lui seul connaît les conditions particulières, les évolutions réglementaires récentes, les jurisprudences en vigueur et surtout lui seul engage sa responsabilité sur le conseil donné.
« Un professionnel ne répondra jamais par un simple « oui » ou « non ». Il analyse la situation personnelle de l»assuré pour apporter une réponse adaptée selon les conditions particulières de son contrat ou de son historique. » explique Christophe Dandois, CEO de Leocare.
MéthodologieÉtude menée du 15 au 30 mars 2026 sur les 500 questions d'assurance les plus fréquemment posées d'après la Google Search Console Leocare et AnswerThePublic couvrant l'
automobile, l'habitation, la moto, le contrat/juridique. Chaque question est posée aux 4 IA dans les mêmes conditions, sans mémoire préalable et utilisation du même prompt. Réponses vérifiées par Leocare et évaluées sur 5 niveaux (Vrai, Partiellement vrai, Partiellement faux, Faux, Trompeur). Seules les réponses notées « Vrai » sont considérées comme fiables. L'analyse sémantique porte sur 7 métriques appliquées aux 2 000 réponses (longueur moyenne, termes juridiques par réponse (lois, articles du Code des assurances, conventions, acronymes type FGAO/IRSA/Badinter), chiffres précis par réponse, marqueurs de nuance (hedging) par réponse, marqueurs de restriction par réponse, formulations vagues par réponse, taux de réponses binaires (pourcentage de réponses commençant par « oui » ou « non »).
Source : Etude Leocare, 2026
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