La France vient de franchir
le cap des 200 000 points de recharge ouverts au public. Une étape majeure pour la mobilité électrique, atteinte trois ans après celle des 100 000.
Derrière la course aux chiffres, une question se pose : faut-il raisonner uniquement en nombre de bornes ou s'intéresser davantage à leur emplacement, leur puissance et leur disponibilité ?
Au 31 juillet 2026, 200 045
points de recharge électrique ouverts au public étaient disponibles en France, selon le dernier baromètre de l'Avere-France et du ministère de la Transition écologique. Leur nombre a progressé de 15 % en un an.
Alors qu'il avait fallu plus d'une décennie pour atteindre les 100 000 points de charge en mai 2023, trois années supplémentaires auront été nécessaires pour franchir les 200 000. Ce changement d'échelle fait émerger un nouveau défi. Pour les automobilistes, disposer théoriquement d'une borne à proximité ne suffit pas. En effet, encore faut-il qu'elle soit disponible, fonctionnelle, suffisamment rapide et implantée à un endroit où la recharge s'intègre facilement dans leurs déplacements.
Les chiffres du dernier baromètre de l'Avere-France et du ministère de la Transition écologique illustrent cet enjeu : 89 % des points de charge étaient techniquement disponibles en juillet, tandis que 9 % avaient connu une indisponibilité de plus de sept jours consécutifs. Autre enseignement révélateur des nouveaux usages de la
voiture électrique: près d'un point de recharge public sur deux est implanté sur un site commercial, notamment sur les parkings de supermarchés. À l'inverse, seuls 2 % se trouvent le long des autoroutes.
Selon Julius Dewavrin, Directeur Général de Le Plein, réseau français de stations-service électriques, le passage des 200 000 points de charge marque ainsi l'entrée dans une nouvelle phase du développement de la mobilité électrique :
« Les 200 000 points de charge constituent évidemment une excellente nouvelle. Mais le sujet des prochaines années ne sera plus seulement de savoir combien de bornes nous sommes capables d'installer. Il faudra surtout se demander où elles sont réellement utiles aux automobilistes. La recharge doit progressivement sortir d'une logique de contrainte pour s'intégrer aux habitudes quotidiennes : faire ses courses, aller au restaurant ou effectuer ses achats pendant que la voiture recharge. Le meilleur temps de recharge est finalement celui que l'automobiliste ne perçoit plus comme du temps perdu. »En juillet 2026, chaque point de charge électrique public a enregistré près de 39 sessions de recharge en moyenne, soit à peine plus d'une recharge par jour. Une moyenne qui masque d'importantes différences selon les emplacements et pose la question de l'utilisation réelle des infrastructures publiques de recharge électrique. Selon Julius Dewavrin : « le prochain défi de la France sera donc autant qualitatif que quantitatif : mieux répartir les infrastructures sur le territoire, privilégier les emplacements correspondant aux usages réels, proposer les bonnes puissances de recharge et assurer un niveau de disponibilité élevé. »
Cette question va devenir d'autant plus stratégique que le déploiement est appelé à se poursuivre massivement : 240 000 points de charge supplémentaires doivent être déployés par les opérateurs d'ici à 2030 sur le réseau routier national, dont 60 000 rapides et ultra-rapides.
Source: Le Plein (réseau français de stations-service électriques installées sur les parkings de commerçants tels qu'Auchan, Décathlon, Leroy Merlin).