Le
pilotage de la recharge constitue un levier stratégique pour concilier pouvoir d'
achat, durée de vie des batteries et équilibre du système électrique.
La
recharge pilotée permet d'optimiser les périodes de charge et d'éviter les pics tarifaires, contribuant à réduire le
coût total de possession d'un
véhicule électrique.
À titre d'exemple, pour un conducteur de véhicule électrique ayant un usage typique, la recharge pilotée dynamique peut faire passer le budget annuel de recharge de 420 euros à 270 euros, soit près de 150 euros d'économies par an.
La recharge pilotée des
véhicules électriques a d'autres avantages :
- préservation de la santé des batteries,
- augmentation de la valeur résiduelle des véhicules.
Le déploiement massif du véhicule électrique est un levier essentiel pour réussir la transition écologique et pour renforcer la souveraineté énergétique du pays. Son rôle positif pour le pouvoir d'achat des ménages, et la lutte contre les épisodes des
prix négatifs et nuls de l'électricité, est peu évoqué dans le débat public. A véhicule équivalent, le coût total de possession (TCO) d'un véhicule électrique bénéficie du prix de la recharge à domestique.
Selon le « baromètre semestriel sur le prix de la recharge ouverte au public » de l'Avere-France sur le prix de la recharge, le budget mensuel moyen d'un automobiliste « typique » consacré au carburant s'élève à 101 euros pour l'essence, 103 euros pour le diesel et 35 euros pour la recharge électrique. Cela représente une dépense annuelle moyenne de 1 212 euros pour l'essence et de 1 236 euros pour le gazole. Côté recharge, le budget est de 420 euros, soit trois fois inférieur au budget des carburants fossiles. Le prix de la recharge peut être davantage réduit grâce au pilotage de la recharge, une pratique qui permet, selon le mode de pilotage, de réduire de près de 30 % (V1G) ou de 70 % à 80 % (V2G) le budget annuel de la recharge. Ces pourcentages se basent sur le budget annuel de la recharge de référence d'un électromobiliste « typique » et des gains économiques net du V1G et V2G de l'étude « BatteryMove » réalisée par EDF pour L'
Ademe.
Il existe
trois niveaux de pilotage distincts :
- Le
pilotage statique : Simple à implémenter, la charge est effectuée durant les heures creuses pour bénéficier du meilleur tarif.
- Le
pilotage dynamique (V1G) : La charge est automatisée et optimisée en fonction des besoins de mobilité, des signaux du système électrique en temps réel (effacement, prix, production d'énergie d'origine renouvelable…), et préserve l'état de santé de la batterie.
- La
recharge bidirectionnelle (V2X) : L'électricité de la batterie du véhicule est réinjectée dans une maison (vehicle-to-home - V2H), un bâtiment (vehicle-to-building - V2B) ou vers le système électrique (vehicule-to-grid - V2G) pour répondre aux besoins du réseau électrique.
Pour tirer parti des gains du pilotage de la recharge électrique, il faut disposer d'une
borne de recharge connectée et pilotable.
A partir de 2027, les points de recharge électrique privés et ouverts au publics neufs ou rénovés devront être conformes à la norme ISO 15118-20 selon les actes délégués du règlement Afir. Cette norme établit un protocole de communication commun entre le véhicule électrique et la borne de recharge, rendant possible un pilotage dynamique et bidirectionnel de la recharge. Son adoption devrait favoriser la diffusion de bornes compatibles et rendre le pilotage de la recharge plus accessible.
70 % à 80 % du volume énergétique des recharges électrique est pilotable.
L'enquête annuelle de 2025 d'Enedis sur les électromobilistes particuliers indiquent que seulement 35 % pilotent systématiquement ou quasiment systématiquement leur recharge à domicile. 36 % des flottes d'entreprises interrogées déclarent piloter la recharge de leurs véhicules électriques.
Le pilotage de la recharge électrique, un levier pour le pouvoir d'achat des ménages et l'équilibre de notre réseau électrique :
- Le pilotage de la recharge : un gain en pouvoir d'achat
- Le pilotage dynamique V1G : Un gain pour la durée de vie de la batterie
- Le pilotage de la recharge : un impact positif pour le système électrique
Le pilotage de la recharge : un gain en pouvoir d'achat
L'adoption d'un véhicule électrique permet à l'usager de réaliser des économies sur ses dépenses de carburant : le budget annuel de la recharge à domicile est trois fois inférieur. Le pilotage de la recharge permet de réduire le coût annuel de la recharge électrique. L'étude « BatteryMove » réalisée par EDF pour l'Ademe, démontre que le pilotage de la recharge offre plusieurs gains, en premier lieu économique, pour l'usager. L'étude détaille la valeur économique du pilotage de la recharge (statique, V1G, V2G) pour l'année 2026. Les gains économiques nets sont issus de l'hypothèse que 70 % à 80 % du gain brut du pilotage de la recharge est versé à l'usager. Ils se basent sur la valeur présente dans le marché de gros de l'électricité (marché spot et intra-journalier). La valeur économique de la recharge V2G part du principe que régulièrement l'usager se branche lors de son arrivée au domicile en fin de journée puis se débranche le lendemain pour se rendre sur son lieu de travail. La redistribution par le fournisseur d'énergie du gain économique supplémentaire crée par le V2G peut se matérialiser de différentes façons (redistribution directe, heures d'électricité offertes, etc.).
Le pilotage tarifaire statique consiste à se recharger en heures creuses ; cette solution simple permet de réaliser une économie d'environ 80 euros supplémentaire par an sur son budget dédié à la recharge, soit une réduction de 17 euros.
Le pilotage dynamique (V1G) permet de réaliser une économie d'environ 150 euros net par an sur un budget dédié à la recharge, soit une réduction d'environ 30 %. En comparaison à un véhicule thermique, le fait de passer à un véhicule électrique et d'effectuer un pilotage dynamique de la recharge permet à un automobiliste d'économiser par an environ 950 euros de dépenses initialement consacrées aux carburants fossiles (gazole et essence).
Quant à la recharge bidirectionnelle en V2G, l'étude estime qu'elle apporterait à l'automobiliste un gain net entre 300 et 350 euros, soit entre 70 % et 80 % d'économie sur un budget annuel dédié à la recharge électrique, en contrepartie d'un certain temps de mise à disposition du véhicule électrique. Le surcoût, d'une échelle de 200 à 250 euros, prix moyen public constaté en décembre 2025 (Recherches documentaires de l'Avere-France réalisées en décembre 2025), pour installer une borne de recharge bidirectionnelle en courant alternatif (AC), par rapport à une borne de recharge unidirectionnelle AC serait rapidement compensé grâce aux gains économiques.
Alors que le sujet du pouvoir d'achat est au cœur du débat public, l'
achat d'un véhicule électrique et la généralisation du pilotage à minima statique, mais également dynamique ou bidirectionnelle, constituent des leviers pour réduire les dépenses liées au carburant du véhicule. Pour rappel, le budget dédié aux transports représente le deuxième poste de dépenses des ménages, au sein duquel la
voiture concentre 80 % des dépenses.
Le pilotage dynamique - V1G : Un gain pour la durée de vie de la batterie
De nombreuses études (Étude de l'Université d'Aix-la-Chapelle et The Mobility House Energy : «Bidirectional Charging Hardly Affects the Lifespan of Electric Vehicle Batteries », 31 juillet 2025 & Étude « BatteryMove » réalisée par EDF avec le soutien financier de l'Ademe sur les impacts technico-économiques du pilotage de la recharge sur les batteries de véhicules électrique et le système électrique) indiquent que le pilotage V1G de la recharge contribue à préserver la santé de la batterie, avec un gain maximum de 4 ans sur la durée de vie par rapport à une recharge « naturelle », c'est-à-dire lorsque l'électromobiliste démarre la recharge dès le branchement du véhicule, sans prendre en compte des éléments externes (prix, état de charge…). Le pilotage V1G permet une recharge intelligente et automatisée puisque la recharge du véhicule est paramétrée pour répondre aux besoins de mobilité quotidien du conducteur, de bénéficier des périodes où l'électricité est la moins chère ainsi que préserver la santé de la batterie. Le pilotage V1G permet de préserver la valeur résiduelle du véhicule électrique.
Bien que le pilotage statique n'améliore pas le confort d'usage au même niveau que le pilotage V1G, il permet en pilotant la recharge de 20 % à 80 % de préserver la santé de la batterie.
Par ailleurs, contrairement à de nombreuses idées reçues, plusieurs études (Étude de l'Université d'Aix-la-Chapelle et The Mobility House Energy : «Bidirectional Charging Hardly Affects the Lifespan of Electric Vehicle Batteries », 31 juillet 2025 & Étude « BatteryMove » réalisée par EDF avec le soutien financier de l'ADEME sur les impacts technico-économiques du pilotage de la recharge sur les batteries de véhicules électrique et le système électrique) démontrent que la charge bidirectionnelle (V2X) n'apporte pas de dégradation supplémentaire de l'état de santé de la batterie par rapport à une recharge naturelle, sous réserve d'un contrôle adapté de la puissance, des volumes d'énergie échangés et de la fréquence des cycles.
Le pilotage de la recharge : un impact positif pour le système électrique
Il est important de rappeler que le développement massif du véhicule électrique ne compromet pas la sécurité d'approvisionnement en électricité et que le système électrique français est pleinement en mesure d'accompagner cette hausse de la
consommation. Toutefois, il existe un enjeu sur le placement de la recharge électrique pour la gestion de l'équilibre offre-demande en temps réel et le fonctionnement du système électrique. Dans le cas où les prévisions d'électrification du parc roulant sont atteintes, les travaux de RTE estime que l'appel de puissance moyen de l'ensemble des véhicules électriques routiers (véhicules particuliers, véhicules utilitaires et poids lourds) pourrait représenter en soirée jusqu'à 9 GW à l'horizon 2035.
Le pilotage de la recharge est indispensable pour réduire les pics de puissance, puisqu'il permet de placer la recharge électrique la nuit lorsque la demande est faible ou en milieu de journée lorsque l'énergie est abondante lors des pics de production solaire (heures méridiennes de 11 heures à 15 heures), afin d'avoir un meilleur alignement entre production et consommation électrique, ce qui renforce la flexibilité du système électrique. Il permet aussi d'ajuster la puissance soutirée de la borne de recharge et crée ainsi des meilleures conditions pour l'équilibre offre-demande. Le pilotage de la recharge limite le recours aux moyens de production carbonés et les investissements de développement du réseau.
L'étude « BatteryMove » réalisée par EDF estime qu'avec 25 % des véhicules électriques du parc en pilotage dynamique, en remplacement d'un pilotage statique en 2035, cela permettrait de diminuer le recours à la fois à des productions fossiles ainsi qu'aux écrêtements de la production renouvelable. En outre, le déploiement du véhicule électrique routier et le pilotage de la recharge, en particulier du V2G, peuvent être des leviers pour lutter contre les épisodes de prix négatifs et nuls de l'électricité qui affecte indirectement les finances publiques de l'Etat, par exemple via les compensations des effacements de production d'énergies renouvelables. Les prix négatifs ont représenté 352 heures en 2024, et 513 heures en 2025.
Source :
note de position commune Avere-France et Union Française de l'Électricité (UFE)
Photo vehicule-moderne-transport-fiche-5391510 de Ed Harvey sur Pexels