Tribune signée Emile Josselin, directeur marketing et communication corporate de Monta
Tribune signée Emile Josselin, directeur marketing et communication corporate de Monta
Pendant plusieurs années, le débat sur l'accès à la mobilité électrique s'est concentré sur un seul indicateur : le nombre de points de recharge. Plus il y en avait, mieux c'était. Cette logique quantitative a produit ses effets – le réseau existe, il s'est densifié – mais elle a occulté un problème de fond que les utilisateurs, eux, continuent à toujours vivre : la recharge n'est pas encore une expérience à 100% fiable.
Le vrai frein à l'adoption massive n'est plus technique, mais expérientiel. Ce qui fait défaut à l'automobiliste, c'est la certitude que l'acte de recharge sera aussi simple, prévisible et transparent que celui de faire le plein. Or ce niveau d'excellence opérationnelle n'est pas encore au rendez-vous. Les tarifs restent difficiles à anticiper, les frais annexes opaques, la disponibilité réelle des bornes incertaine.
Les
annonces récentes du Président de la République Emmanuel Macron viennent confirmer et amplifier ce changement d'échelle. La France dispose désormais d'environ 185 000
points de recharge publics, et l'objectif est fixé à près de 400 000 bornes d'ici 2030, avec 240 000 nouvelles installations dont un quart dédiées à la recharge rapide ou ultra-rapide. On ne parle plus d'un simple déploiement progressif, mais d'une structuration assumée du réseau à horizon industriel.
Combien de fois avez-vous appuyé sur un pistolet à essence sans qu'il en sorte ? Combien de fois avez-vous pensé payer le sans-plomb 1,20 € le litre pour découvrir des frais imprévus à la caisse ? Jamais, ou presque. C'est précisément ce niveau d'évidence silencieuse qui fait encore défaut à la recharge électrique. Plusieurs tarifs différents peuvent s'appliquer sur une même borne selon le moyen de paiement, le moment de la journée ou l'abonnement souscrit. L'opacité n'est pas un détail : c'est le principal obstacle qui sépare encore l'électrique d'une expérience à la hauteur des attentes.
Le cadre réglementaire existe pourtant. Le règlement européen AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation), en application depuis avril 2024, impose une tarification au kWh, un affichage clair des
prix avant la recharge, des moyens de paiement universels. Mais la réglementation n'a pas encore produit ses effets dans l'expérience vécue. C'est précisément cet écart que la densification du réseau va contribuer à combler : plus le réseau est dense et concurrentiel, plus l'opacité devient intenable.
Trois transformations convergent aujourd'hui : la densification du réseau, l'application progressive d'AFIR et la pression concurrentielle entre opérateurs. Lorsque ces dynamiques s'aligneront pleinement, l'infrastructure cessera d'être un sujet de conversation pour devenir ce qu'elle devrait toujours avoir été : une évidence opérationnelle.
Le pari de la mobilité électrique ne se gagnera pas en convainquant. Il se gagnera en simplifiant. Et les conditions pour y parvenir sont, pour la première fois, réellement en place.
Tribune signée Emile Josselin, directeur marketing et communication corporate de Monta
Tribune signée Emile Josselin, directeur marketing et communication corporate de Monta, écrit le 10/06/2026