L'électrification des usages
transforme en profondeur le système électrique, et la
recharge des véhicules électriques en est l'un des enjeux les plus stratégiques.
Concentrée sur des plages horaires déjà sous tension, la recharge des véhicules électriques pose un
défi d'équilibre, mais ouvre aussi la voie à de nouvelles solutions.
La recharge électrique : un défi de puissance, une opportunité de flexibilité
Selon Enedis, sans pilotage, la recharge des véhicules électriques pourrait générer à horizon 2035 un appel de puissance supplémentaire de 12,5 à 18 GW. Un niveau qui obligerait à mobiliser des capacités de production additionnelles, souvent fossiles, ou à investir massivement dans le renforcement du réseau électrique actuelle.
Derrière cette contrainte se cache une opportunité systémique : la recharge est, par nature, un usage flexible. Contrairement à d'autres
consommations, elle peut être modulée dans le temps sans altérer le service rendu. Elle devient ainsi un levier potentiel d'optimisation du mix énergétique.
Faire coïncider production et consommation : le nouveau défi du système électrique
Dans un mix énergétique en mutation, marqué par la montée en puissance des énergies renouvelables, l'enjeu n'est plus seulement de produire une électricité bas carbone, mais de faire coïncider production et consommation.
Cela suppose de développer des capacités de flexibilité côté demande, capables de :
- Absorber les excédents de production renouvelable
- Réduire la consommation lors des périodes de tension
- Limiter le recours aux moyens de production les plus carbonés
- Éviter le surdimensionnement coûteux du réseau
Le pilotage de la recharge s'inscrit dans cette logique de flexibilité. À lui seul, il pourrait permettre de réduire jusqu'à 10 GW de puissance appelée, soit l'équivalent d'une dizaine de tranches nucléaires, tout en contribuant à stabiliser les
prix et à optimiser l'utilisation des actifs existants.
Encore faut-il être capable d'orchestrer cette flexibilité à grande échelle, en temps réel, et sans complexifier l'expérience utilisateur.
Flexibilité électrique : l'alliance de l'infrastructure et de l'intelligence énergétique
Pour répondre à cet enjeu systémique, Driveco Energy (spécialiste de la recharge de véhicules électriques) et Orus (spécialiste de la flexibilité électrique) ont construit une collaboration complémentaire, reposant sur une répartition des rôles et des expertises. Ensemble, ils transforment un réseau de recharge électrique en une ressource énergétique pilotable, capable de soutenir le réseau électrique lors de situations de forte demande.
Concrètement, certaines bornes peuvent réduire temporairement leur puissance de charge sur de courtes périodes. Ces activations sont rares, ciblées et conçues pour rester imperceptibles pour les utilisateurs. Pourtant, leur impact est réel :
- La consommation est déplacée vers des périodes où l'électricité est moins carbonée
- Les surplus d'énergies renouvelables peuvent être mieux valorisés
- Le recours aux moyens de production d'appoint est réduit
- Le système électrique gagne en stabilité et en résilience
Les premiers résultats, obtenus dès 2025, confirment la pertinence du modèle :
Plusieurs activations réussies
4,4 MWh de consommation déplacés hors des heures de pointe
Une valorisation économique de la flexibilité
Même non activée, la capacité de flexibilité disponible constitue une réserve stratégique qui renforce la sécurité du réseau électrique.
En articulant infrastructure et intelligence de pilotage, Orus Energy et Driveco posent les bases d'un modèle où la mobilité électrique contribue directement à l'équilibre du réseau et à l'optimisation du mix énergétique conciliant performance, décarbonation et sobriété sans compromis sur l'expérience utilisateur.
Sources : Enedis, Orus Energy et Driveco
Photo recharger-charger-voiture-vehicule-8349487 de César Baciero sur Pexels