Selon la dernière étude (Sondage Discurv Poll&Roll réalisé le 26 février 2026) de la néo-assurance Leocare,
seul un Français sur quatre fait véritablement confiance à son assureur. 75 % oscillent entre confiance tiède et défiance envers un modèle de l'
assurance qui peine à se réinventer à l'heure où la révolution digitale a profondément transformé les attentes des consommateurs. Un paradoxe d'autant plus frappant que les assurés, eux, jouent le jeu (26 % se décrivent même comme irréprochables).
Une confiance en trompe-l'œilSeuls 25 % des Français font confiance à leur assureur. Les trois quarts restants oscillent entre une adhésion tiède, un doute latent et une défiance assumée. En région Occitanie et en Normandie, ils sont seulement 18 % à faire vraiment confiance à leur assureur.
Les assurés confiants se justifient non pas par l'expérience vécue mais davantage par la solidité perçue de la marque (37 %). L'assureur est « sérieux », « reconnu » mais cette image ne repose sur rien de tangible.
Seuls un quart des assurés fondent cette confiance sur une expérience concrète et positive. Par exemple sur une indemnisation jugée rapide et juste (25 %) ou une relation entretenue avec leur conseiller (19 %). Quant à la prévention, seuls 14 % des sondés y voient un rôle joué par leur assureur.
La gestion du sinistre : le point de ruptureLe vrai test en matière de confiance, c'est le sinistre. Et là, le vernis craque. Seuls 1 assuré sur 2 pense que leur assureur fera réellement tout pour l'aider en cas de sinistre majeur. Pour les autres, le scénario est plus sombre : un tiers (34 %) s'attend à une application froide et mécanique du contrat, et 12 % des assurés sont convaincus que leur assureur cherchera activement la faille, le motif pour ne pas les indemniser.
Parmi les Français qui expriment ouvertement leur défiance, soit 16 %, la méfiance envers l'assurance ne relève pas d'un déficit de communication : c'est un problème de modèle. Ils décrivent un modèle économique perçu comme fondé sur le non-remboursement des sinistres (28 %), des contrats jugés volontairement opaques (26 %), des experts soupçonnés de minimiser les dégâts pour protéger l'assureur (23 %). Ils ont le sentiment d'être réduit à un numéro de dossier (19 %) dans des parcours clients conçus pour décourager en cas de problème (17 %). La défiance est encore plus importante chez les 18 à 34 ans (25 %).
Le contrat de confiance se joue au pire moment et dans l'urgence du sinistre. Et les conséquences d'une déception à cet instant sont immédiates et durables : 37 % des assurés envisageraient de rompre leur contrat après une mauvaise expérience d'indemnisation. C'est la première raison évoquée, loin devant le
prix (25 %) ou la perte du lien humain avec un conseiller (10 %).
Les assurés estiment jouer le jeuLes Français ne sont pas des assurés cyniques ou désengagés. 26 % des Français se décrivent comme irréprochables et 46 % se déclarent coopératifs. Seuls 20 % adoptent une posture neutre, se limitant au strict minimum contractuel, et à peine 2 % reconnaissent une attitude réfractaire.
72 % des assurés font, selon eux, preuve de bonne volonté envers un secteur qui, selon leurs propres réponses, ne leur rend pas la pareille. Le déséquilibre est flagrant, et il nourrit une frustration silencieuse que les chiffres de rupture confirment.
La prévention digitale pour rééquilibrer la relation avec les assurésCe que les Français reprochent à l'assurance, c'est l'exécution. La vraie rupture ne viendra donc pas d'une meilleure communication, mais d'un changement de posture : passer d'un modèle réactif à un modèle proactif, avec des contrats lisibles et une prévention concrète.
Le rôle attendu par les clients vis-à-vis de l'assurance est, plus que jamais, n'est pas d'être juste là pour payer après coup. C'est d'aider à éviter le sinistre. Le digital rend cette promesse accessible à grande échelle : l'intelligence artificielle pour croiser des milliers de données en temps réel, les objets connectés pour détecter la fraude ou encore une fuite ou surveiller l'humidité autour d'une habitation, les algorithmes prédictifs pour anticiper les risques routiers, les alertes météo personnalisées envoyées avant une tempête.
Sans ce virage vers la prévention digitale, le scénario est écrit : des sinistres toujours plus nombreux, des assurés toujours plus déçus, et un fossé qui se creuse irrémédiablement. La question n'est plus de savoir si l'assurance doit se transformer par le digital. C'est de savoir à quelle vitesse.
Christophe Dandois, co-fondateur de Leocare, explique:
« L'assureur qui prévient un sinistre crée plus de confiance que celui qui se contente de le rembourser. Avec les aléas climatiques qui sont toujours plus fréquents et intenses, le rôle de l'assureur ne peut plus se limiter à l'indemnisation et doit s'exercer en amont dans la prévention. Mais le digital n'est pas une fin en soi, c'est le moyen de libérer du temps pour l'humain. » Source: Sondage Discurv Poll&Roll réalisé le 26 février 2026 pour la néo-assurance Leocare
Méthodologie: Sondage Discurv Poll&Roll réalisé le 26 février 2026 auprès d'un échantillon de 1 000 répondants représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
Photo casse-brise-vehicule-arbre-5351114 de Mike Bird sur Pexels