Alors que le moral des Français se dégrade de nouveau face au pouvoir d'
achat, le
prix du carburant apparaît comme un
véritable accélérateur d'arbitrages budgétaires.
Déplacements réduits, loisirs sacrifiés, nouvelles habitudes de courses : les consommateurs adaptent concrètement leur quotidien pour limiter leurs dépenses.
5 chiffres clés- 67% des Français ont déjà renoncé à certains déplacements à cause du prix du carburant ;
- 81% réduisent au moins un autre poste de dépense pour absorber cette hausse ;
- 53% réduisent les restaurants et bars, 52% les loisirs et sorties, 47% les vacances et week-ends ;
- 56% déclarent que le prix du carburant influence le choix des magasins dans lesquels ils font leurs courses ;
- 73% ont déjà modifié leurs habitudes de courses pour limiter leurs frais de carburant.
La hausse des prix à la pompe ne frappe plus uniquement les automobilistes : elle impacte directement la
consommation des ménages.
L'État transforme progressivement l'
automobile en privilège de
classe du fait d'une fiscalité écrasante sur les carburants.
Entre la TICPE et la TVA, les taxes représentent une part massive du prix payé à la pompe, alors même que les prix dépassent régulièrement les 2 euros le litre au cours du mois de mai 2026.
Le prix du carburant ne pèse plus seulement sur les déplacements : il impacte désormais directement les habitudes de consommation.
Plus des deux tiers des Français (67%) déclarent avoir déjà renoncé à certains trajets en raison du prix de l'essence. Cette hausse entraîne des restrictions sur d'autres dépenses du quotidien : 81% des Français disent réduire au moins un autre poste budgétaire pour compenser.
Les premiers arbitrages concernent les dépenses plaisir et les moments de convivialité :- Restaurants et bars (53%) ;
- Loisirs et sorties (52%) ;
- Vacances et week-ends (47%).
Mais les restrictions s'étendent aussi à des achats plus installés dans le quotidien :- Habillement (43%) ;
- Beauté et bien-être (33%) ;
- Équipement de la maison (31%).
Le carburant devient un véritable révélateur des tensions budgétaires et pousse les consommateurs à revoir leurs priorités.
Des consommateurs qui optimisent désormais chaque dépenseFace à la pression sur leur budget, les Français adaptent durablement leurs habitudes de consommation et de courses.
Le prix du carburant influence directement les comportements d'achat : 56% des Français déclarent qu'il impacte le choix des magasins dans lesquels ils se rendent. Les enseignes de proximité et les trajets optimisés deviennent des critères de plus en plus importants.
Dans cette logique, 73% disent avoir déjà modifié leurs habitudes de courses afin de réduire leurs frais de déplacement. Plus largement, près de 8 Français sur 10 (78%) envisagent de faire évoluer leur manière de consommer pour préserver leur pouvoir d'achat.
Cette adaptation se traduit par des comportements d'achat plus rationnels :- une attention renforcée aux prix (43%) ;
- une vigilance accrue aux
promotions (35%) ;
- un recours plus fréquent aux marques distributeur (26%).
La recherche de “bons plans” ne concerne donc plus seulement le panier moyen : les consommateurs cherchent désormais à optimiser l'ensemble du
coût lié à leurs achats, des promotions jusqu'aux déplacements nécessaires pour faire leurs courses.
Dans un contexte de dépenses contraintes toujours plus fortes, la consommation devient plus réfléchie, plus calculée et davantage guidée par les arbitrages du quotidien.
Un moral des Français a nouveau en forte de gradationCette pression sur les dépenses du quotidien s'inscrit dans un contexte plus large de retour des inquiétudes autour du pouvoir d'achat.
Aujourd'hui, 86% des Français associent le pouvoir d'achat à un sentiment négatif. L'inquiétude domine largement (54%), devant le mécontentement (37%) et le sentiment d'impuissance (36%).
Les jeunes de 18 à 24 ans (86%) ainsi que les actifs de 50 à 64 ans (92%) apparaissent particulièrement fragilisés.
Concrètement, les Français ont de plus en plus le sentiment de devoir arbitrer :- seuls 62% estiment pouvoir financer leurs dépenses jusqu'à la fin du mois ;
- moins d'un Français sur deux pense pouvoir se faire plaisir (46%) ;
- la capacité à partir en vacances chute à 43% ;
- seuls 39% déclarent encore parvenir à épargner.
« Pendant des décennies, l'automobile représentait la liberté de circuler, de travailler, de partir en vacances, de vivre pleinement. Aujourd'hui, elle est en train de redevenir ce qu'elle était : un privilège réservé à ceux qui peuvent encore se permettre de le faire.», déclare Philippe Nozière, Président de l'association « 40 millions d'automobilistes ».
« Quand les Français renoncent aux restaurants, aux week-ends, aux loisirs ou aux vacances parce qu'ils doivent consacrer une part toujours plus importante de leur budget au carburant, ce n'est pas seulement l'automobiliste qui souffre : c'est toute l'économie qui ralentit. On pénalise la consommation, le tourisme, les commerces de proximité et, au final, la croissance du pays tout entier », affirme Pierre Chasseray, Délégué général de l'association « 40 millions d'automobilistes ».
« Cela fait des mois que nous le disons : il faut enfin une mesure qui ait du sens. Baisser les taxes sur les carburants est aujourd'hui une nécessité économique autant qu'une urgence sociale. Tant que l'on continuera à considérer l'automobile comme une simple variable fiscale, ce sont les classes moyennes et populaires qui continueront à payer l'addition. Et derrière elles, c'est toute l'économie française qui continuera de s'asphyxier », conclut Pierre Chasseray.
Source : 14éme Baromètre "Du pouvoir d'achat au vouloir d'achat : la relation des Français avec la consommation" de Bonial
Méthodologie : 14éme Baromètre "Du pouvoir d'achat au vouloir d'achat : la relation des Français avec la consommation" de Bonial réalisé avec OpinionWay. Échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus de 1004 personnes. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées du 12 au 13 mai 2026.
Photo mise-au-point-selective-pompes-a-essence-fermer-11116153 de Engin Akyurt sur Pexels