79% des conducteurs s'estiment plus exposés aux accidents que les automobilistes
Dans un contexte marqué par le durcissement réglementaire pour les
conducteurs de deux-roues, l'étude 2026 du
Baromètre Assurances de BPCE L'Observatoire consacré aux deux-roues met en lumière un profil de conducteur complexe, oscillant entre une prudence déclarée et une persistance des comportements à risques.
L'un des principaux enseignements de la sixième édition du Baromètre Assurances de BPCE L'Observatoire consacré aux deux-roues réside dans
le sentiment d'insécurité croissant des usagers des deux-roues.
79% des conducteurs s'estiment plus exposés aux accidents que les automobilistes. Cette vulnérabilité est confirmée par l'analyse des sinistres : l'inattention (notamment liée à l'usage du téléphone) et les erreurs de trajectoire ou de priorité de changement de file demeurent les motifs principaux d'accidents de la route. Une perception alimentée par une cohabitation jugée difficile : 76% se sentent mis en danger par les
voitures et 78% par les trottinettes et vélos en ville. Selon 71% des conducteurs interrogés, les aménagements de la route ne les protègent pas assez.
Face à cette vulnérabilité, les conducteurs de deux-roues adoptent des réflexes de protection plus rigoureux. Ils sont une grande majorité (80%) à affirmer être plus prudents sur la route qu'auparavant. 79% estiment même être plus prudents que les automobilistes.
Cette prudence augmente notamment face aux conditions climatiques : 56% des conducteurs de deux-roues adaptent systématiquement leur conduite en cas de mauvaise visibilité.
Cette vigilance s'appuie également sur la technologie : 82% des usagers considèrent comme utiles les alertes via les applications de conduite pour les prévenir d'un danger.
Le facteur humain au cœur de l'insécurité routièreL'étude souligne une contradiction majeure : l'ambivalence sécuritaire se manifeste par un décalage entre la vigilance affichée et la réalité des pratiques.
Cette contradiction s'observe dans plusieurs usages quotidiens :
La vitesse toujours recherchée : un conducteur sur trois (33%) admet dépasser les limites autorisées, un chiffre qui grimpe à 44% chez les 18-24 ans. Ils sont même 15% à avouer accélérer dans les virages pour obtenir une sensation de grande vitesse.
L'inter-file, illustration de cette ambivalence : pratiquée par 80% des usagers, elle est pourtant jugée dangereuse par 74% de ceux qui l'utilisent.
La distraction numérique : l'usage du téléphone reste ancré pour près d'un sondé sur deux (49%). Cette pratique dangereuse est encore plus marquée chez les jeunes conducteurs (65%) ainsi que les usagers en région parisienne (59%).
Un nouvel horizon réglementaire pour les deux-roues Cette ambivalence comportementale se heurte aujourd'hui à un cadre de plus en plus réglementé : normes environnementales,
contrôle technique obligatoire, durcissement des amendes pour excès de vitesse, etc. Face à cette nouvelle réalité, les conducteurs de deux-roues naviguent entre acceptation et sentiment de contrainte.
Le contrôle technique obligatoire, en vigueur depuis deux ans, semble s'installer dans les mœurs : 68% des usagers estiment qu'il améliore la sécurité et 61% affirment que cette obligation les a incités à entretenir davantage leur véhicule. Il reste encore à la marge quelques réticents au contrôle technique (4%).
En revanche, si 71% des répondants jugent nécessaires la nouvelle mesure durcissant les peines (amende, prison) pour les excès de vitesse supérieurs à 50 km/h, plus de la moitié (54%) la considèrent comme excessive. Même son de cloche pour les récentes normes environnementales imposées pour les deux-roues, jugées contraignantes par les conducteurs (59%)... mais nécessaires (70%) et efficaces pour réduire la pollution (64%).
Source: Sixième édition du « Baromètre Assurances de BPCE L'Observatoire » L'Observatoire consacré aux deux-roues
Méthodologie: Etude réalisée avec Toluna - Harris Interactive. Méthodologie: Etude réalisée avec Toluna - Harris Interactive. Enquête réalisée en ligne du 11 au 19 mars auprès d'un échantillon de 1 045 personnes représentatif des utilisateurs de deux roues motorisés (moto ou scooter) au moins une fois par mois. Méthodes des quotas appliquées aux variables suivantes: âge, catégories socioprofessionnelles, région et fréquence d'utilisation du deux roues motorisés.
Photo charmante-rue-europeenne-avec-un-motard-28602906 de Huy Phan sur Pexels