Connectez-vous avec l’actualité automobile, les fiches techniques, les essais autos, les comparatifs autos, les promotions, les photos et les vidéos.
Partage de la route : le casse-tête de la cohabitation entre usagers de la route
Grands départs, afflux touristique, multiplication des modes de déplacement : chaque été, la circulation se tend, notamment sur les littoraux où vélos, trottinettes et Engins de Déplacement Personnel motorisés (EDPM / Trottinettes électriques, skates électriques, monoroues, gyropodes, hoverboards) investissent massivement l'espace public, générant davantage de frictions. Un phénomène déjà présent toute l'année sur l'ensemble du territoire, mais que l'été rend encore plus visible et intense.
Le baromètre 2026 sur le partage de la route Allianz France et CSA dresse un état des lieux des perceptions et comportements des Français face à la cohabitation entre usagers.
Les résultats mettent en lumière une réalité persistante : la route reste un « casse-tête » au quotidien.
- En 2026, 60% des Français déclarent avoir une mauvaise opinion du partage de la route.
- Malgré la hausse du carburant, la voiture reste centrale avec seulement 1/3 des Français qui veulent réduire leur usage alors qu'ils étaient près de la moitié en 2022.
- Le téléphone portable au volant, un danger, mais également une incivilité pour les Français
- Les EDPM restent la première source de stress des automobilistes.
- L'impact des accidents routiers sur le comportement des Français est significatif et durable.
Des habitudes de mobilité stables, mais une cohabitation sous tension
Malgré la hausse du carburant, la voiture est le mode de transport dominant avec 83% des Français interrogés qui l'utilisent. On observe néanmoins une augmentation de l'usage des deux-roues motorisés (29% utilisent une moto ou un cyclomoteur.
Les usages du vélo évoluent peu depuis 2022 et son intérêt semble avoir atteint un palier autour des 25% depuis 2023.
Cette stabilité s'accompagne toutefois d'une perception toujours négative de la cohabitation sur la route.
En 2026, 60 % des Français déclarent avoir une mauvaise opinion du partage de la route. Cette perception, dégradée depuis plusieurs années, tend toutefois à légèrement s'améliorer sur 2 ans.
L'utilisation du téléphone portable ou des écouteurs en situation de conduite est encore une grande source de danger.
Chaque catégorie d'usagers de la route considère très largement qu'utiliser son téléphone ou des écouteurs en situation de mobilité est en soi une incivilité, et ce quel que soit le mode de mobilité concerné. Ainsi, même les piétons considèrent majoritairement comme inciviles les autres piétons qui traversent une route (même au feu piéton vert) en regardant son téléphone portable ou en ayant un dispositif d'écouteurs.
Dans le même temps, 15% des Français admettent utiliser ou consulter leur téléphone portable et 12% un dispositif d'écouteurs pendant qu'ils conduisent / traversent une route.
Les EDPM, première source de stress des automobilistes.
Les automobilistes expriment un fort sentiment de stress face à ces modes de déplacement. Les EDPM, en particulier, représentent une source majeure d'inquiétude. Leur comportement sur la voie publique, perçu comme peu encadré, nourrit un climat de tensions sur les routes en zones urbaines.
Manque de civisme : les cyclistes et les EDPM toujours un point de crispation
Le sentiment d'incivilité est bien ancré, même si la perception des conducteurs de deux-roues motorisés (motos et cyclomoteurs) s'améliore légèrement. Les cyclistes et les utilisateurs d'EDPM continuent en revanche d'être pointés du doigt pour leurs comportements jugés parfois imprévisibles ou non-conformes au code de la route. De leur côté, les conducteurs d'EDPM et les cyclistes redoutent avant tout l'inattention des automobilistes, tandis que les piétons se disent également préoccupés par les engins circulant sur les trottoirs. Dans ce climat, les dangers perçus demeurent élevés.
Les accidents vus, vécus ou médiatisés modifient durablement les comportements
Le baromètre confirme l'impact de ce type d'événement sur le renforcement de la perception du danger et la modification durable des comportements au volant ou au guidon, auprès des 24 % des Français ayant été marqués par un accident de la route, dont plus de la moitié par un accident impliquant un cycliste.
Une méconnaissance persistante de la réglementation des EDPM pouvant nourrir les conflits
La méconnaissance de la réglementation en matière d'EDPM est un frein à une cohabitation plus sereine. Près de trois conducteurs sur dix ne sont pas assurés et ignorent encore les obligations légales telles que l'âge minimum, 14 ans ou les règles de signalisation auxquelles ils sont soumis (nouvelle règlementation depuis mars 2024). En réponse à cela, une large majorité des Français se déclare favorable à l'instauration d'un test du code de la route pour les utilisateurs de ces engins.
« En France, la mortalité routière repart à la hausse en 2025 (3 515 tués, plus 2,4 % vs 2024), notamment chez les usagers vulnérables. Dans ce contexte, le partage de la route reste un défi majeur : 60 % des Français en ont une perception négative, révélant un climat de défiance qui génère stress, tensions et prises de risques, souvent à l'origine d'accidents. » explique Marielle Maréchal, responsable Prévention Routière d'Allianz France.
Source: Allianz
Précisions méthodologiques :
Enquête Online menée du 26 février au 23 mars 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 2 005 Français âgés de 15 ans et plus (méthode des quotas).
Photo 38169160 de Bingqian Li sur Pexels