Fatigue mentale, pression professionnelle,
consommation de stupéfiants, route anxiogène et saturée, dans la 22e édition de son Baromètre, AXA Prévention met en évidence l'accumulation de la prise de risques des
conducteurs professionnels plus exposés que la moyenne des automobilistes Français et alerte sur leur fragilisation :
- 75 % déclarent conduire fatigués et sans répit, 59 % roulent entre 4 et 5 heures sans s'arrêter.
- A cette fatigue, s'ajoute le stress ressenti par 8 conducteurs de véhicules de société sur 10.
- Stress que ces derniers attribuent pour 58 % aux difficultés de trafic et pour 57 % à la pression de leur entreprise.
- Face à ces difficultés, 1 conducteur de véhicule de société sur 10 reconnait avoir basculé ces deux dernières années et consomment désormais des stupéfiants pour se sentir mieux.
L'analyse AXA Prévention s'appuie sur deux sources complémentaires. Le Baromètre AXA Prévention 2026, réalisé par Kantar auprès de 2 977 Français âgés de 18 à 75 ans (en ligne, 7 au 20 avril 2026), a constitué la première mesure de référence sur la consommation de stupéfiants au volant. La vague de suivi de mai 2026, conduite selon le même protocole, permet de mesurer l'évolution des indicateurs sur une période de six mois. Cette vague intermédiaire sera consolidée dans le 22e Baromètre AXA Prévention à l'automne 2026.
« En raison du temps important passé sur la route, les conducteurs professionnels sont surexposés aux risques routiers. Ils cumulent davantage de fatigue, de stress et évoluent dans un environnement de circulation saturé ce qui renforce leur sentiment d'insécurité permanente. Ce cumul délétère favorise le basculement vers les comportements à risque. Dans un contexte marqué par la hausse préoccupante de la mortalité routière, AXA Prévention tire la sonnette d'alarme. En plus du danger que l'on fait courir à autrui, les sanctions pénales encourues sont particulièrement lourdes, notamment en cas de conduite sous l'emprise de stupéfiants. » Éric Lemaire, Président d'AXA Prévention.
Surexposés, les conducteurs professionnels accumulent les facteurs de risqueLes conducteurs professionnels parcourent en moyenne 13 540 km par an, soit 53 % de plus que la moyenne de la population. Cette surexposition n'est pas sans conséquence : elle est à l'origine d'un cumul de facteurs de risque mis en évidence dans le Baromètre AXA Prévention.
L'étude est basée sur 448 conducteurs effectuant des trajets professionnels, dont 275 conducteurs de véhicules de société.
Conséquence directe de cette exposition prolongée à la route : 8 conducteurs sur 10 déclarent être stressés lors de leurs trajets. Autre signal d'alerte : 75 % déclarent conduire en état de fatigue. Une situation d'autant plus préoccupante que 59 % roulent entre 4 et 5 heures sans s'arrêter, un facteur aggravant reconnu du
risque routier.
Les causes de cette tension sont autant
routières que professionnelles. Le trafic et les embouteillages sont cités par 58 % des conducteurs de véhicules de société comme une source majeure de stress, tandis que 57 % mettent en cause la pression de l'entreprise, qu'il s'agisse de la peur du retard, des objectifs à atteindre ou de la pression hiérarchique. Autre signal préoccupant : le stress sur la route est également lié aux autres usagers et au sentiment d'insécurité. Ainsi, 22 % des conducteurs redoutent de croiser des usagers sous l'emprise de l'alcool et 21 % sous celle de stupéfiants.
La
route est la
première cause de mortalité au travail.
Stupéfiant au volant : un signal d'alerteSous l'effet de ce stress généralisé et de la fatigue, certains conducteurs professionnels adoptent des comportements à risque allant jusqu'à recourir à la consommation de stupéfiants pour juguler leur état.
Si les déclarations de conduite sous stupéfiants reculent par rapport à 2025, les conducteurs professionnels restent néanmoins plus exposés, 1 conducteur de véhicule de société sur 10 a basculé ces 2 dernières années. Des chiffres qui font écho au rapport de l'Observatoire Français des Drogues et des tendances addictives (OFDT) qui fait état d'une hausse préoccupante de la consommation de drogues stimulantes en France, à titre d'exemple, le nombre de consommateurs de cocaïne a doublé en quelques années pour dépasser le million de consommateurs.
Il faut rappeler que les stupéfiants altèrent les capacités de conduite en affectant la vigilance, les réflexes et perception des risques, augmentant significativement le risque d'accident. Les stupéfiants sont désormais impliqués dans près de 20% des accidents mortels sur la route, implication en nette hausse ces dernières années.
AddictionsLes addictions (alcool, stupéfiants et médicaments) sont des facteurs de risque professionnel importants.
Concernant les stupéfiants, 1 conducteur de véhicule de société sur 2 s'estime mal informé de leurs effets sur la conduite.
Source: 22ème édition du Baromètre AXA Prévention
MéthodologieTotal de l'échantillon : 2 977 Français 18-75 ans national représentatif dont : 1941 automobilistes - 448 conducteurs effectuant des trajets professionnels, dont 275 conducteurs de véhicules de société - 309 conducteurs de deux-roues motorisés - 2193 piétons - 953 cyclistes, dont 260 VAE - 175 trottinettistes (électriques)
Photo ville-homme-cigarette-conduire-20591243 de Kerem Kaplan sur Pexels