Indispensable mais inabordable : la voiture coincée entre besoin et budget pour 88 % des Européens
Au printemps 2026, l'
actualité automobile a rappelé de nouveau combien la mobilité individuelle est un sujet sensible en France et en Europe. Entre débats sur les zones à faibles émissions, discussions autour de l'échéance 2035 et tensions géopolitiques pesant sur les
prix du carburant, une question s'impose : comment réussir la transition énergétique dans le secteur de l'
automobile sans exclure une partie des automobilistes ?
Le spécialiste de la vente de
voitures d'
occasion reconditionnées en France Aramisauto publie avec OpinionWay une étude menée auprès de 7 036 automobilistes dans sept pays européens (France, Royaume-Uni, Italie, Belgique, Allemagne, Autriche et Espagne). Elle révèle un paradoxe qui traverse aujourd'hui l'Europe : la
voiture reste indispensable, mais devient de moins en moins accessible.
Les chiffres clés de l'étude :
- 95 % des Européens estiment que se déplacer coûte de plus en plus cher, 96 % en France
- Le budget mensuel que les Français pourraient consacrer au financement d'une
nouvelle voiture est le plus bas des pays étudiés : 283 euros, contre 387 euros en Allemagne et 443 euros en Autriche.
- 8 Européens sur 10 considèrent que posséder une
voiture individuelle est devenu un luxe, 86 % en France
- 88 % des Européens déclarent qu'ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture, 91 % en France
- 92 % des Européens sont favorables à un bouclier tarifaire pour limiter la hausse du prix du carburant, 93 % en Franc
- 60 % des Européens et des Français envisageraient un
véhicule électrique ou
hybride s'ils devaient
acheter une voiture demain, mais 61 % des Européens et 56 % des Français jugent positivement le renoncement à l'interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035.
En Europe, la voiture reste indispensable mais devient un luxeLe premier enseignement de l'étude est européen : la voiture reste un outil central d'autonomie, mais son
coût la rend de plus en plus difficile à assumer. Dans les sept pays interrogés, plus de 9 automobilistes sur 10 (minimum à 93 % au Royaume-Uni et maximum à 98 % en Italie) estiment que se déplacer coûte de plus en plus cher. 80 % considèrent que posséder une voiture individuelle est devenu un luxe, alors même que 88 % déclarent ne pas pouvoir se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture.
La dépendance au carburant accentue encore cette pression. 95 % des Européens pensent que les tensions internationales auront un impact durable sur le prix du carburant et 92 % se déclarent favorables à un bouclier tarifaire pour limiter sa hausse. Ce chiffre atteint même 96 % des automobilistes en Italie. Ce soutien massif montre que la voiture, bien que financée par les ménages, est désormais vécue comme une condition d'autonomie, de travail et de vie quotidienne.
En France, la contrainte budgétaire la plus forte d'Europe, surtout chez les jeunesCette tension est particulièrement forte en France, où 98 % des automobilistes jugent que se déplacer avec une voiture individuelle est cher, dont 44 % “très cher”. Elle pèse aussi différemment selon les générations : 57 % des Français considèrent que leur voiture est le poste de dépense le plus important de leur budget, un chiffre qui atteint 78 % chez les 18-24 ans, contre 40 % chez les 65 ans et plus.
La contrainte financière produit déjà des renoncements : 76 % des Français ont réduit leurs déplacements non essentiels, 44 % ont renoncé à changer de voiture et 34 % ont décalé des entretiens ou réparations non urgents. La crise d'accès à la mobilité ne touche donc pas seulement l'
achat : elle pèse aussi sur l'usage, l'entretien et la capacité à se déplacer. Cette rationalisation se retrouve dans le budget que les Français déclarent pouvoir consacrer au financement d'une nouvelle voiture : 283 euros par mois en moyenne, hors réponses à zéro. C'est le niveau le plus bas des pays étudiés, contre 335 euros en Espagne, 357 euros en Belgique, 387 euros en Allemagne et 443 euros en Autriche. S'il progresse légèrement par rapport à septembre 2025, où il s'établissait à 269 euros, il reste très inférieur au niveau observé en septembre 2024, à 395 euros.
La voiture moins rêvée, plus calculée : fiabilité et coût d'usage s'imposent après le prixL'
achat automobile devient moins statutaire, plus rationnel et plus budgétaire. En France, 91 % des automobilistes citent au moins un critère financier au moment de choisir une nouvelle voiture : le prix d'achat arrive en tête, cité par 81 % des répondants, devant la consommation de carburant et la fiabilité, toutes deux citées par 58 %, puis le coût de l'entretien, cité par 51 %. Les critères plus affinitaires ou statutaires arrivent plus loin : la marque est citée par 44 % des Français, l'esthétique par 29 %, la technologie disponible par 28 %. Les automobilistes ne cherchent donc pas seulement une
voiture moins chère : ils cherchent à réduire l'incertitude globale de l'achat, du coût mensuel à l'état réel du véhicule, en passant par la
consommation, l'entretien, la garantie et la motorisation adaptée à leurs usages.
Transition : les Européens disent oui, mais pas à n'importe quel prixLes automobilistes européens ne rejettent pas la transition automobile ; ils en questionnent les conditions d'accès. 60 % envisageraient un véhicule électrique ou hybride s'ils devaient acheter une voiture demain, un niveau identique en France.
Mais cette ouverture cohabite avec une forte demande de flexibilité : 61 % des Européens jugent positivement le renoncement à l'interdiction de la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035, dont 56 % des Français. Ce résultat traduit moins un rejet de l'électrification qu'une prudence face à une transition perçue comme difficile à financer, à comprendre ou à adapter aux usages réels. La rationalisation de l'achat automobile s'accélère et s'ancre durablement dans les comportements des ménages.
Les différences européennes restent marquées : l'Espagne affiche l'intention d'achat électrique ou hybride la plus élevée, à 70 %, tandis que le Royaume-Uni se distingue par une adhésion particulièrement forte au renoncement à l'échéance 2035.
Romain Boscher, directeur général d'Aramisauto, observe :
« Le sujet n'est pas le désamour de la voiture, mais la perte de maîtrise autour de la voiture. Les automobilistes ont besoin de continuer à se déplacer, mais ils veulent le faire avec plus de visibilité sur le prix, l'état du véhicule, le financement et l'entretien. »Source : Baromètre européen Aramisauto réalisé par OpinionWay
Méthodologie : Sondage OpinionWay pour AramisAuto réalisé auprès de 7 036 automobilistes, issus d'un échantillon de 9 000 personnes, dans 7 pays européens : France, Royaume-Uni, Italie, Belgique, Allemagne, Autriche et Espagne. Les échantillons ont été constitués selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle ou de niveau de revenus, de région de résidence et de catégorie d'agglomération. Les échantillons ont été interrogés par questionnaire
auto-administré en ligne sur système CAWI. Les interviews ont été réalisées du 14 au 23 avril 2026. OpinionWay a réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme ISO 20252.
Photo homme-conduisant-le-vehicule-rouge-7433 de Jéshoots sur Pexels